BORIES ET CABANES

par Francis CAHUZAC

Dernière mise à jour : 4-11-2008


Quand les hommes d'antan voulaient mettre en culture une terre ingrate jusqu'alors restée sauvage, ils commençaient par enlever la végétation, puis les grosses pierres avant de finir par des plus petites. Ce pénible travail, que nous ne connaissons plus aujourd'hui dans nos contrées, était pourtant le quotidien des paysans qui peuplaient la France jusqu'il y a encore une bonne centaine d'années. Les tas de pierres (clappes) ainsi constitués, étaient soigneusement triés suivant la proportion du caillou et sa forme, pour servir à construire de longs murs délimitant les parcelles ou protégeant les troupeaux des prédateurs. Parfois l'on bâtissait aussi des terrasses (restanques) pour les cultures étagées. Mais surtout, l'on élevait de petites cabanes curieuses dont on croise parfois la pittoresque silhouette dans la garrigue ou sur le causse et qui répondent au nom général de bories ou de cabanes.

Uniquement construites avec la pierre "du coin", empilée savamment l'une sur l'autre, ces édicules, à la fois élégants fonctionnels et solides, n'ont eu recours à aucun moment de leur édification au ciment ou à un liant quelconque, ni même à la tuile. Leur toit caractéristique sans charpente, constituant un dôme, la plupart du temps composé de pierres plates (lauses) disposées en encorbellement, fait appel à un savoir faire ancestral que devaient déjà connaître nos ancêtres gaulois. C'est bien ce qui fait toute la valeur et l'intérêt de ces constructions dites de pierre sèche, que le temps, l'urbanisme ou le vandalisme rendent hélas si vulnérables.

En Languedoc on les appelle capitelles, mais leur appellation et leur forme varie suivant les régions : cabanes en Périgord, gariottes dans le Quercy, cadoles en Champagne, tonnes en Auvergne ou chibottes en Velay, ces constructions avaient en tous les cas la fonction commune d'abriter le berger des intempéries, de ranger les outils agricoles, de soustraire au soleil de l'été les boissons et les provisions ou plus simplement, de servir de lieu de repos à quelque paysan harassé par la pénible besogne des champs ou de la vigne. Plus rarement un habitat permanent pouvait s'y établir, comme semble le montrer l'ensemble classé des cabanes du Breuilh, dans la commune de Saint-André-d'Allas en Dordogne.

Fort heureusement, ces vestiges d'un passé révolu, et que l'on oublie car situés loin des endroits habités, font parfois l'objet de mesures de protection grâce à diverses associations qui s'intéressent ou réhabilitent ce petit patrimoine avec passion et compétence.
Nous sommes partis à la recherche de quelques unes de ces cabanes de pierre sèche, perdues dans les campagnes et vous livrons quelques clichés, parfois émouvants, de ces igloos du soleil méconnus de la plupart des touristes. Mais attention au visiteur imprudent qui sillonnerait le causse à la recherche de ces vestiges, ces lieux de rocailles sont de vrais nids à vipères en été !



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